30 septembre 2010

Festin pour grands requins blancs



Le 9 septembre dernier, le cadavre dérivant d'un Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni) d'environ 11 mètres a été reperé par Chris Fallows et son équipe, non loin de Simonstown à False Bay, en Afrique du Sud.

Ces Rorquals sont des habitués de eaux du Western Cape, mais sont assez timides, s'approchant rarement des bateaux. Une observation attentive du corps de celle-ci révèle d'étranges marques régulières, comme faite par un bateau ou même des filets. Une mort non naturelle?

La baleine aurait pu atteindre les côtes et s'échouer, mais jugeant cette option trop problématique, les autorités ont opté pour une solution alternative. La Navy sud-africaine a donc été réquisitionnée pour tracter le cadavre vers Seal Island. Le but: un recyclage naturel et écologique par les requins blancs... et également une occasion rare d'observer de près leur comportement alimentaire.

Quelques experts et scientifiques, dont Alison Kock de la fondation Save Our Seas, sont donc restés sur les lieux, pour observer la curée, neuf jours durant.

Une fois encore, le comportement des grands requins blanc est assez spécifique. Ici point de frénésie alimentaire, les squales semblant se répartir, a tour de rôle et sans compétition, l'autorisation d'aller arracher une bouchée, un comportement déjà observé plusieurs fois auparavant chez les grands blancs.
Plus intéressant encore, les requins se sont révélés extrêmement sélectifs, prenant leur temps pour gouter, choisir, et préférant largement la graisse au muscle.

L'équipe a pu observer et comptabiliser une trentaine de requins différents, et jusqu'à un nombre de 4 se nourrissant simultanément de la carcasse. Les deux derniers jours, aucun requin n'a été vu, alors que, bien logiquement, ils ont étés très actifs dans les premiers jours.


→ voir les photos et le report complet d'Alison Kock sur saveourseas.com
le report de l'équipe Apex Predator / Chris Fallows sur www.apexpredators.com/blog/
l'article et les photos du journal anglais The Daily Mail sur www.dailymail.co.uk

Photo © Alison Kock, Save Our Seas Foundation.

29 septembre 2010

En Nouvelle Caledonie...

"Un grand requin blanc d’environ 3,50 mètres est venu à la rencontre de deux chasseurs sous-marins..."
→ un récit d'il y a quelques jours du journal Les Nouvelles Calédoniennes: www.lnc.nc

Les eaux calédoniennes sont coutumières des grands requins blancs. Ceux ci font régulièrement des apparitions, comme par exemple il y a 3 semaines lors d'une compétition de surf, ou en 2007, quand un groupe de plongeurs a eu la visite surprise du grand squale, comme nous le raconte cet article.

La dernière attaque fatale d'un grand requin blanc sur ce territoire remonte à mars 2009: un surfeur est mort des suites de blessures infligées par un spécimen de 4 mètres.


17 septembre 2010

Les Shark Attack Survivors à l'assault de l'ONU

Lundi dernier, 13 septembre 2010, un groupe de 9 personnes a fait le déplacement à l'ONU pour plaider la défense et la protection des requins. Leur point commun?  Ils ont tous étés victimes d'attaque de requins... Ce sont les Shark Attack Survivors.

Sollicités par le Pew Environment Group, groupe auquel appartient la Shark Alliance, les neuf "survivants" (dont 2 français) sont allés témoigner et militer en faveur des requins, dans le cadre d’une consultation sur "une pêche durable " qui avait lieu aux Nations Unies.

L'opération a notamment pour but d'attirer l’attention des hauts responsables sur la raréfaction dramatique des espèces de requins.

l'article du Parisien.fr
un petit reportage vidéo en anglais sur Youtube

Photo: AP

13 septembre 2010

Shark Pistols

John Lydon aka Johnny Rotten adore les requins, et il le prouve!
Voici son périple subaquatique de 2004 en Afrique du Sud, à la rencontre des grands requins blancs...



1ere partie / direction Cape Town et False Bay.
John teste sa toute nouvelle combi killer bee...

2eme partie / pour se faire la main, John plonge en aquarium avec
les requins taureaux et tape la causette avec le Pr Leonard Compagno.

3eme partie / cette fois ça y est, John plonge dans Shark Alley...

(Pour ceux qui ne savent pas qui est John Lydon, écoutons donc une jolie chanson).

12 septembre 2010

11 septembre 2010

Manifeste pour la protection des Requins

En 2007, à l'initiative d'Alessandro De Maddalena était paru le Manifeste pour des actions immédiates en faveur de la conservation des requins. Ce manifeste, rédigé avec l'aide de Sean Van Sommeran et Wolgang Leander, est reproduit ci-dessous, en tant que piqure de rappel !



MANIFESTE POUR DES ACTIONS IMMÉDIATES EN FAVEUR DE LA CONSERVATION INTERNATIONALE DES REQUINS

Un document pour initier une prise de conscience et informer le grand public en ce qui concerne l’extermination des requins, celles d’autres espèces marines et de leur écosystème.

Un rapport argumenté et signé par 140 chercheurs et spécialistes des requins.


Nous, les chercheurs spécialistes des requins du Monde entier, nous alertons les gouvernements internationaux afin de prendre des mesures immédiates pour protéger les dernières populations de requins existantes. Il est urgent d’informer l’opinion publique quand aux menaces qui pèsent sur les stocks mondiaux de requins et quant à la nécessité urgente de promouvoir leur gestion efficace, sinon il sera bientôt trop tard.

Les requins sont les principaux indicateurs du bon équilibre des écosystèmes marins et aquatiques. Les requins et leurs proches parents, les raies sont des prédateurs clés du fait des liens complexes et variés qu’ils entretiennent au sein de la chaîne alimentaire.

Apparus depuis près de 400 millions d’années, plusieurs centaines d’espèces de requins occupent l’ensemble des écosystèmes aquatiques du globe: à proximité du littoral, dans les zones d’estuaires, dans les eaux côtières, sur le fond et dans le domaine pélagique marin.

Les requins sont trop souvent victimes de diffamations mais la réalité est que ce sont eux les principales victimes de nombreuses activités destructrices liées à l’Homme moderne: la pêche commerciale et sportive, leur capture pour les grands aquariums publics, la perturbation et la destruction de leurs habitats, la pollution des milieux aquatiques. Les requins ont bien plus à craindre des hommes que les hommes des requins.

50 % des captures de requins sont le fait de prises accidentelles par la pêche d’autres espèces commerciales comme les thons ou les espadons. Ces captures accidentelles d’animaux marins sont appelées «prises accessoires». Les palangres pélagiques sont des lignes de 18 à 72 kilomètres de long qui portent en moyenne 1500 hameçons munis chacun d’un appât. Dans certaines régions, le nombre de requins capturés par les pêcheurs palangriers atteint jusqu’à 90% des captures totales. De même, des filets dérivants (souvent illégaux) circulent librement au large, filtrant littéralement toute forme de vie marine. Les captures de poissons osseux étant en profond déclin, les pêcheurs ont compensé en accroissant leur capture de requins.

Cependant, les requins sont beaucoup plus vulnérables que les poissons osseux vis-à-vis de l’exploitation par la pêche du fait de leurs caractéristiques reproductives: accouplements rares, ou saisonniers, longue période de gestation, faible fécondité, maturité tardive.

En tant que prédateurs terminaux, les requins ne sont pas conçus pour supporter la prédation et sont donc principalement hautement menacés par l’exploitation humaine. Il convient d’ajouter que la plupart des requins s’isolent souvent en groupe de même sexe et de même taille. Ainsi l’exploitation menée sur une zone de nurseries peut s’avérer particulièrement dévastatrice.

Par les dernières décennies, il a été démontré que la majorité des pêcheries commerciales de requins ont fait faillite en l’espace de quelques années du fait de la simple disparition de la ressource. Les requins sont exploités pour leur chair, leur cartilage, leur peau, leur huile et pour d’autres produits dérivés issus des animaux. Les nageoires des requins (ailerons) sont utilisées pour confectionner des potages traditionnels en Asie. Récemment, la demande pour les ailerons de requins a dramatiquement augmenté, largement due à l’expansion des marchés en république de Chine et de leurs concurrents au Japon et à Taiwan. Les ailerons de requins sont vendus à des prix très élevés, ce qui incite la pratique du « finning » par laquelle les ailerons du requin sont découpés et le reste de la carcasse de l’animal est rejeté à la mer. Souvent le requin est encore vivant lors de cette opération et succombe à une mort lente et agonisante en coulant sur le fond.  

La majorité des requins de grandes à modestes tailles sont capturés pour leurs ailerons. Le monstrueux développement de l’industrie halieutique lié aux requins et à leurs ailerons n’est pas simplement la conséquence des cultures asiatiques mais aussi du développement de marchés en Europe, en Afrique, en Amérique Centrale et du Sud ainsi que de nombreux pays en voie de développement de l’Océan Pacifique et Indien.

La chair et les produits dérivés de requins, de faible valeur commerciale, sont utilisés de manière croissante pour supplémenter l’alimentation des élevages et des animaux domestiques. Le cartilage de requins est frauduleusement préconisé comme médicament préventif contre le cancer. Ce marché est basé sur de fausses considérations scientifiques stipulant que les requins ne sont pas sujets aux cancers et faisant totalement abstraction de données plus réalistes qui démontrent que le même cartilage n’a aucun effet curatif ni préventif pour ce type de maladies. D’autres produits dérivés des requins, cependant, ont une efficacité prouvée ou relèvent d’une utilisation traditionnelle. L’huile contenue dans le foie des requins est riche en vitamines. Cette huile et un de ses constituants, le squalène, sont utilisés pour la fabrication de lubrifiants, de cosmétiques et de médicaments. La peau de certaines espèces donne un cuir de grande qualité. Les dents, les mâchoires et les spécimens empaillés font usage de décorations et de souvenirs.

Le nombre de requins capturés annuellement dans le Monde reste très approximatif. Nous estimons que le nombre dépasse les 100 millions. Une récente estimation concernant les captures de requins liées au commerce des ailerons donne à elle seule un nombre de 73 millions par an. Les statistiques liées aux débarquements de poissons cartilagineux communiquées par l’Organisation des Nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) donnent annuellement des chiffres voisins de 800,000 tonnes, mais il s’agit de sous-estimation. En effet, de nombreuses captures de requins ne sont pas signalées. Les navires de pêches commerciaux travaillent souvent en totale violation des réglementations et ces dix dernières années, on estime que les populations de requins ont chutés de plus de 90% de leur effectif.

La destruction persistante des habitats, le pillage des ressources halieutiques et la pollution environnementale contribuent, de manière synergique à l’exploitation, à menacer de disparition les requins à l’échelle internationale. Les polluants chimiques sont absorbés ou ingérés par les plus petits animaux et remontent au sein de la chaîne alimentaire par l’activité prédatrice. Les prédateurs terminaux, comme les requins, sont les principales victimes de ce phénomène cumulé de contamination (bioaccumulation).

Certaines espèces de requins sont actuellement protégées dans quelques pays, mais pas suffisamment et efficacement. Une action internationale coordonnée est nécessaire. La protection des requins et la gestion de leur pêche dépendent fortement de l’étude de leur biologie, de leur écologie, de leur distribution, de leur abondance et de leur exploitation, de l’étude de leurs proies et de l’étude de leurs écosystèmes aquatiques respectifs.

Malgré leur rôle fondamental au sein des écosystèmes aquatiques et marins, l’étude scientifique des requins est négligée en faveur de celle menée pour la connaissance biologique de ressources halieutiques de plus haute valeur commerciale. La connaissance de la biologie et de l’écologie de nombreuses espèces de requins est désormais incontournable pour estimer l’état actuel de leurs stocks et l’impact de leur exploitation. Le manque de gestion efficace et de soutien politique dans de nombreux pays a déjà conduit à l’extermination de nombreuses espèces. La disparition des requins se poursuit un peu plus chaque jour et déstabilise l’équilibre au sein des écosystèmes marins. Leur extinction sera lourde de conséquences à la fois pour les écosystèmes (déclin de la biodiversité, déséquilibres écologiques) et pour l’économie des nations (industrie halieutique, écotourisme aquatique).

Suite à ces constats actuels, réalistes et alarmants, nous, les chercheurs spécialistes des requins du Monde entier, demandons aux gouvernements de toutes les nations de considérer de manière urgente les points suivants:

La protection de toutes les espèces de requins déjà reconnues comme menacées.

L’interdiction totale de la pratique du finning dans les eaux nationales et internationales.

La gestion des pêcheries pour lesquelles les requins représentent des prises accidentelles conséquentes.

La gestion des pêcheries spécifiques aux requins.

Le contrôle du commerce et de l’utilisation des produits dérivés des requins.

Un soutien financier pour la recherche scientifique destiné à l’étude des requins afin de mieux évaluer l’état des stocks et l’impact de leur exploitation.


Texte © 2007 par Alessandro De Maddalena, Sean Van Sommeran et Wolfgang Leander.
Traduction française par Nicolas Ziani. Logo par Alessandro De Maddalena.


Le site d'Alessandro De Maddalena: http://alessandro-de-maddalena.webs.com

10 septembre 2010

Shark Alliance: Semaine européenne pour les requins 2010

Shark Alliance organise cette année encore la SEMAINE EUROPÉENNE POUR LES REQUINS du 9 au 17 octobre 2010.



Cette semaine d'activités à pour but d'informer le public sur la situation de ces animaux, mais également d'ajouter sa voix à celle des associations qui reclament des mesures pour garantir l'avenir des populations de requins.

En 2009, la Semaine européenne pour les requins a eu lieu dans 15 pays européens, proposant plus de 300 activités publiques. Plus de 93 000 personnes ont signé une pétition qui a été remise aux autorités espagnoles en janvier de cette année. Ce document demande à l’Espagne de cesser de s’opposer au renforcement de l’interdiction européenne du finning et de conduire l’UE vers une réglementation plus efficace.

Plus d'infos sur l'édition 2010 et les évenements français sur www.semaineeuropeennepourlesrequins.fr.



Créée en 2006, Shark Alliance est une coalition mondiale, à but non lucratif, d’organisations non-gouvernementales ayant pour mission le renouvellement et la conservation des populations de requins en améliorant les politiques de conservation.

Shark Alliance se bat pour l’obtention de :

- quotas de pêche en accord avec les recommandations scientifiques et les mesures préventives, incluant des politiques plus fermes pour empêcher la pratique du finning.

- recommandations en termes de protection et de conservation pour les requins grâce à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

- résolutions des Nations Unies qui incluent un calendrier ambitieux pour la mise en place du Plan d’action international pour les requins et énoncent les risques encourus en cas de non-respect.


Aujourd’hui, principalement à cause de la surpêche, les requins font partie des espèces sous-marines les plus en danger.

L’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a classé 17 % des espèces mondiales de requins (y compris les raies et les chimères) comme étant menacées d’extinction et 13 % de plus risquent d’être menacées dans un avenir proche.

La disparition des requins aurait sans aucun doute des effets négatifs sur de nombreuses autres espèces. La sensibilisation du public et son engagement, de même qu’une plus grande transparence et responsabilité dans les prises de décision, sont essentiels pour placer la gestion des requins en tête des priorités et conserver leurs populations de manière efficace. Shark Alliance s’engage pour s’assurer que ces animaux vulnérables survivent et prospèrent pour le bien des écosystèmes océaniques.

09 septembre 2010

Hawaii



Voici le premier enregistrement vidéo d'un Grand Requin Blanc aux environs d'Hawaii, filmée lors d'un Shark cage diving.

Comme il l'expliquera ensuite, l'operateur de plongée Jimmy Hall est d'abord surpris car les habitués des lieux sont plutôt des requins des galapagos ou des requins tigre. Mais voyant cette grande femelle requin blanc plutôt calme, Jimmy saisit l'occasion et plonge librement en sa compagnie.
Une très belle séquence filmée en décembre 2005.

En bonus: petit reportage et interview sur l'événement par la TV KHNL sur
www.youtube.com

08 septembre 2010

Surfin' USA



Cela se passe sur les côtes de San Onofre (Californie). Chuck Patterson et quelques amis font du SUP (Stand Up Paddle - surf debout avec pagaie), quand ils reçoivent la visite durant quinze minutes de 2 grands requins blancs.

Le lendemain, il retourne sur les lieux équipé d'une camera monté sur perche et filme ces images. A nouveau 2 requins sont présents, évoluant librement sous l'eau sans inquiéter notre surfeur.

La vidéo a fait depuis le tour du monde, reprise sur de nombreux sites et dans certains journaux TV.
Chuck nous livre son opinion et quelques photos de plus sur son blog.

06 septembre 2010

Patrice Héraud, l'Australie et les Grands Blancs...


Patrice Héraud est un photographe professionnel, plongeur et réalisateur français.

Il participe depuis 1988 à de nombreuses expéditions consacrées aux requins. En 1999 il s'est spécialisé sur le grand requin blanc, suivant et photographiant différentes expéditions scientifiques de la Fondation Fox, la Fox Shark Research Foundation, des Australiens Ron et Andrew Fox.

La Fondation Fox permet aux scientifiques d'effectuer tout une série d'études - observations, identifications, marquages, suivis - et aspire à la protection et à l’inscription du Grand Requin Blanc sur la liste des espèces menacées et protégées et ce, dans le monde entier.
 
Seul européen de ces expéditions, Patrice Héraud est chargé de toutes les prises de vues terrestres et sous-marines et vient juste de repartir en mission en Australie. C'est la deuxième pour lui cette année.

Celle-ci aura notamment pour objectif de localiser les quatre requins blancs marqués en janvier, d'établir leurs ages et d'analyser leurs déplacements depuis le début de l'année… Deux balises réceptrices seront également posées.


Vous pouvez suivre tout le déroulement de cette expédition, voir en détail les méthodes de marquage et admirer ses clichés sur son (nouveau) blog: http://patriceheraud.wordpress.com

Sud-Ouest en a fait également un papier aujourd'hui.

En outre, Patrice a crée en juin 2003 l'association de protection SOS Grand Blanc, relais en France de la fondation Fox. Le site de l'asso contient des infos très intéressantes dédiée au marquage des requins et sur Jammie, une femelle requin blanc qui a été tagguée et suivie en 2005.


→ le site de Patrice Héraud http://patriceheraud.com
la Fox Shark Research Foundation
→ l'association SOS Grand Blanc www.sosgrandblanc.com
une interview de Patrice Héraud sur www.libebordeaux.fr